Critique | Le Trio Fibonacci accueille un nouveau pianiste

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Le 26 octobre dernier, le Trio Fibonacci présentait son premier concert de la saison au Québec, à la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal. Une salle dans laquelle la violoniste Julie-Anne Derome et le violoncelliste Gabriel Prynn ont leur habitude. Pour Maxim Shatalkin, au contraire, c’était la première fois non seulement dans ce temple de la musique de chambre, mais aussi au Québec. Le pianiste russe a fui son pays en guerre, refusant ainsi la mobilisation militaire à laquelle sont sujets les citoyens en âge de se battre. Arrivé au Canada au mois d’août avec sa conjointe ukrainienne – elle aussi refugiée pour fuir la guerre qui fait rage dans son propre pays -, il remplaçait au pied levé Meagan Milatz qui avait quitté le groupe pour des raisons inexpliquées.

Le concert débutait par le Trio en do majeur, K. 548, de Mozart. Le piano y occupait un rôle prédominant par rapport aux deux autres instruments. Ayant dû apprendre ou réapprendre la partition à la va-vite, Maxim Shatalkin a été amplement à la hauteur de la confiance que Julie-Anne Derome et Gabriel Prynn lui avait portée. Il a démontré un bon phrasé et une belle fluidité dans le jeu, mais ses longues envolées sur le clavier ont parfois manqué d’articulation. De leur côté, la violoniste et violoncelliste ont semblé hésitants dans certaines de leurs entrées à froid, notamment lors de jeux de questions-réponses typiquement mozartiens, qui leur donnaient un quasi-rôle de solistes.

Deuxième œuvre au programme, le Trio no 3 en sol mineur, op. 110, de Schumann offrait un meilleur équilibre entre les trois instruments, moins de traits caractéristiques de solos et plus de sons d’ensemble. Les musiciens ont fait preuve d’une bonne entente, mais Prynn, au violoncelle, avait toutefois plus de difficulté à rivaliser avec le volume généré par ses partenaires de scène.

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Le Trio no 1 en ré mineur, op. 49, de Mendelssohn donnait à entendre une autre facette du romantisme allemand. Non plus torturée et envahie de pulsions noires, comme chez Schumann, mais rêveuse et exaltante. En rappel, le groupe est resté dans le même esprit enjoué avec la charmante mélodie tirée d’Après un rêve de Fauré, arrangée habituellement pour piano et violoncelle, mais auxquels s’ajoutait ici le violon.


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